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Redonner le goût de la lecture aux enfants, c’est possible !

Friday
16
January
2026
 Redonner le goût de la lecture aux enfants, c’est possible !
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Certains enfants adorent lire. D’autres… pas du tout.

Et pour beaucoup de familles, une question revient sans cesse :

comment (re)donner envie de lire à un enfant qui ne veut pas ouvrir un livre ?

Bonne nouvelle, l’envie de lire n’est jamais perdue définitivement.

C’est quelque chose qui se construit, se nourrit, et se ravive !

Et surtout, le plaisir de la lecture dépend moins du “goût naturel” de l’enfant que des expériences qu’on lui propose.

Dans cet article, vous trouverez des conseils concrets, validés par la recherche et faciles à mettre en place, pour aider votre enfant à retrouver un rapport serein, voire carrément enthousiaste, à la lecture.

Pourquoi certains enfants n’aiment pas lire ou bien perdent l’envie de lire ?

Comprendre pourquoi un enfant n’aime pas ou plus lire est la première étape pour redonner le goût de la lecture.

Le Centre national du livre s’inquiétait, dans son étude sur Les jeunes Français et la lecture en 2024, d’un « décrochage préoccupant » de la lecture chez les jeunes.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce désintérêt :

  • la lecture peut être perçue comme une activité exigeante, surtout lorsqu’on manque d’entraînement ou qu’on n’y trouve pas de sens ;
  • les écrans prennent une place importante dans les loisirs ;
  • la lecture est fréquemment associée au travail scolaire (contrôles, devoirs) ;
  • certains enfants ne voient pas d’adultes lire autour d’eux ;
  • les livres proposés ne correspondent pas toujours à leurs centres d’intérêt.

En clair : le refus de lire n’est pas un manque de volonté, mais souvent la conséquence d’une expérience peu gratifiante ou peu motivante.

Conseil n°1 pour redonner l’envie de lire aux enfants : créer un environnement qui invite à se plonger dans un bouquin

Avant de parler motivation, parlons environnement.

Un enfant a besoin d’associer le livre à quelque chose d’accessible, de familier, presque de banal.

Si l’objet reste rangé tout en haut d’une étagère ou enfermé dans une bibliothèque, il ne risque pas de devenir un compagnon du quotidien. Il restera associé à un objet purement scolaire, quel dommage !

Créer un environnement qui encourage la lecture ne demande pas grand-chose en plus, mais cela change tout.

Un coin dédié – même minuscule – avec un coussin, une petite lampe et quelques livres bien choisis suffit à envoyer un message clair : ici, on peut lire, tranquillement, à son rythme.

L’important n’est pas la décoration évidemment, mais la disponibilité du livre et son cadre.

Les spécialistes de la petite enfance insistent sur ce point : un enfant manipule le livre avant de le lire. Le toucher, l’explorer, regarder les images, tourner les pages (ou même mettre son nez dedans)… tout cela fait partie du processus. Pouvoir le faire dans un environnement agréable rend l’expérience mémorable.

L’autre élément clé est la variété. À côté des grands albums classiques, les enfants vont être attirés par des formats plus ludiques : livres cartonnés, livres sonores, pop-up, documentaires illustrés. Ils découvrent que la lecture ne consiste pas uniquement à lire des caractères alignés sur une page, mais qu’elle offre une multitude de portes d’entrée.

Et plus il y a de portes, plus il y a de chances qu’ils en franchissent une.

Conseil n°2. Faire la lecture aux enfants dès le plus jeune âge pour développer leur envie intrinsèque de lire

À partir de quel âge doit-on commencer à lire des histoires à un enfant ? Notre réponse : il n’est jamais trop tôt !

Dès les premiers mois, la lecture partagée joue un rôle essentiel dans le développement du langage, de l’attention, de l’imaginaire… et de l’envie future de lire.

Un enfant exposé régulièrement aux livres dans sa petite enfance développe :

  • un vocabulaire plus riche,
  • une meilleure compréhension orale,
  • une plus grande facilité à entrer dans l’apprentissage de la lecture,
  • et une attitude plus positive face aux livres à long terme.

Lire une histoire, même très simple, c’est offrir un bain de mots, d’images et d’émotions. C’est aussi construire un moment affectif fort, qui associe le livre à la sécurité et au plaisir.

Cette dimension émotionnelle joue un rôle majeur : un enfant qui a vécu la lecture comme un moment agréable aura naturellement plus envie d’ouvrir un livre lorsqu’il sera plus grand.

Les études internationales le confirment : la lecture partagée est l’un des meilleurs prédicteurs de la future réussite en lecture*. Autrement dit, on prépare la lecture… avant même de savoir lire.

Mais attention : si vous n’avez pas lu régulièrement à votre enfant lorsqu’il était tout petit, rien n’est perdu !

Le cerveau de l’enfant reste très plastique pendant toute l’enfance, et les bénéfices de la lecture partagée existent à tout âge. Il n’est pas trop tard pour instaurer ce moment de partage.

Commencer aujourd’hui, même avec un enfant plus grand, a toujours un impact positif sur son rapport aux livres.

La recherche nous montre aussi l’importance de la lecture à voix haute, même chez les enfants qui savent déjà lire. Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l'éducation***,*** rappelle que la maîtrise du décodage demande plusieurs années.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que continuer à lire à un enfant de 7, 8 ou 9 ans, c’est lui offrir un accès fluide à des histoires qu’il ne pourrait pas encore lire seul. C’est un vrai soutien au développement du vocabulaire, de la compréhension et de la motivation.

Conseil n°3. Installer des rituels de lecture réguliers

Les rituels sont puissants. Ils structurent les journées, apaisent et sécurisent (les enfants… mais aussi les adultes !).

Et surtout, ils transforment une activité en habitude. Pour beaucoup d’enfants, la lecture devient agréable à partir du moment où elle devient… prévisible.

Lire 5 ou 10 minutes chaque jour n’a rien d’extraordinaire, mais cette régularité construit une routine positive. Ce moment peut être placé le soir, comme transition vers le coucher, ou juste après l’école pour aider l’enfant à redescendre après une journée dense en sollicitations diverses. Ce qui compte, c’est la constance.

Enfin, certaines écoles ont mis en place le dispositif “Silence, on lit !”, un quart d’heure quotidien de lecture libre, sans exercice à rendre. Pendant ce temps de lecture, tout le monde lit. Les enfants bien sûr, mais aussi les adultes.

Cette approche peut être déclinée  à la maison : un court moment où chacun lit ce qu’il veut, sans contrainte. Le message est clair, on lit pour soi, pas pour être évalué.Et on lit par plaisir… 👇

Repartir du plaisir, pas de la performance

Pour redonner envie de lire, il faut réduire la pression.

Beaucoup d’enfants se détournent des livres parce qu’ils associent la lecture à une exigence : lire vite, lire mieux, lire “des vrais livres”.

Quel enfer ! 😱

La motivation ne naît jamais d’une injonction.

C’est pour cela qu’on voudrait vous rappeler ici que : toutes les formes de lecture sont légitimes.

Les BD, les mangas, les albums très illustrés, les documentaires courts… tout cela compte. Ces formats sont souvent plus accessibles : moins de texte, plus d’images, un rythme plus rapide. Ils permettent à l’enfant d’entrer dans la lecture sans se sentir dépassé.

Retrouver le plaisir passe aussi par une liberté fondamentale : choisir ses propres livres. Ce choix engage l’enfant, stimule sa curiosité et valorise ses goûts personnels. Ce n’est pas un détail : c’est un levier majeur de motivation interne. Quand l’enfant lit ce qu’il a choisi, il lit davantage. Et lorsqu’il lit davantage, il progresse naturellement. CQFD.

Choisir les bons livres pour nourrir la motivation

Quand il s’agit de lecture, vous l’aurez compris, le critère principal n’est pas le niveau, mais l’envie.

Un enfant lit d’abord parce qu’un livre lui parle, pas parce qu’il est “adapté”.

On mise sur les lectures qui font écho à ce que l’enfant vit

Certains livres fonctionnent bien parce qu’ils entrent en résonance avec le quotidien de l’enfant.Une rentrée scolaire compliquée, une dispute avec un ami, une peur, un changement dans la famille, une question qui le traverse…

Ces lectures miroir permettent à l’enfant de se reconnaître dans une histoire, de mettre des mots sur ses émotions et de donner du sens à la lecture.

Dans ces moments-là, le livre peut devenir un appui, voire un refuge.

On arrête de chercher la performance

Autre point essentiel en tant qu’adulte : se dégager de l’injonction à la progression.

Lire n’est pas un entraînement sportif. Ce n’est pas parce qu’un livre est plus difficile qu’il est plus bénéfique pour votre enfant.

On peut bien sûr proposer des livres, orienter, suggérer… mais éviter de choisir à la place de l’enfant sous prétexte de le faire progresser. La progression viendra d’elle-même, portée par le plaisir et la curiosité.

À l’inverse, si votre enfant a très envie de CE livre, mais que vous pensez qu’il est trop difficile pour lui, peut-être que vous devriez le laisser tenter.

Quand l’intérêt est là, l’enfant peut tout à fait traverser des passages difficiles, sauter des mots, ne pas tout comprendre. Il peut même décider d’abandonner et y revenir plus tard.

Un environnement accessible, des rituels rassurants, des livres qui font écho à ce qu’il vit, le droit de lire ce qu’il aime (et d’abandonner s’il le souhaite) : ce sont souvent ces petits ajustements qui font toute la différence.

Et surtout, rappelons-le : il n’est jamais trop tard. Le plaisir peut naître à tout âge, se construire progressivement et évoluer avec le temps.

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